CR Réunion N°3 Place des SHS

Éléments généraux de réflexions
Réunion du 26 juin 2015 Éléments généraux de réflexions : Réflexion sur l'identité et le rôle de l'ingénieur formé à l'UTT ? Typologie : Ingénieur à la pointe de la science. Scientifiques de haut vol qui nécessite des compétences en sciences dures très poussées. Il ne faut pas tendre vers ce modèle, compte tenu de l'identité des UT et du profil des étudiants recrutés ; Ingénieur en tant que coordinateur, chef de projet. Substrat solide dans les sciences de l'ingénieur, mais diversification de sa formation pour obtenir un profil beaucoup plus polyvalent : Formation aux SHS, sur les questions éthiques, les enjeux sociétaux, médicaux, environnementaux, compétences en management, etc. Ce profil semble mieux adapté au monde du travail pour faire face à la complexité des défis sociotechniques et des échanges entre les différentes disciplines. Bilan qu'il y a un cloisonnement important à l'UTT, que ce soit entre les personnels, les étudiants, les départements, les pôles, etc. Les SHS nous apparaissent comme un moyen de redonner de la cohérence et de décloisonner. Nécessité d'aboutir à une stabilisation des propositions sur les enjeux des SHS. Ambivalence du discours de la direction à propos des SHS : on note qu'à la suite de la disparition du département TSH, il y a des initiatives diverses, mais celles-ci sont éclatées (par exemple, les différentes initiatives qui travaillent sur la place des SHS comme « UTT 2030 », le « GIS UTSH », etc.). La dilution des SHS entraine un flagrant manque de cohérence et de visibilité. Questionnement sur l'enjeu d'affichage par rapport à la CTI. Les pôles sont répartis de manière étrange : HETIC = tout ce qui ne va pas dans les deux autres ? Les pôles n'apparaissent pas comme des lieux desquels peut émaner une véritable réflexion. Il y a certes des réflexions qui sont menées dans les branches et les équipes de recherche, mais celles-ci sont phagocytées par les disciplines dominantes de chaque branche/équipe. Cet élément montre qu'il y a un véritable problème de « place », de « lieu » ou d'« espace » de réflexion pour les SHS au sein de l'UTT.
Éléments de diagnostic de la place des SHS à l'UTT
Éléments de diagnostic de la place des SHS à l'UTT : Il y a des confusions chez les étudiants et un flou sur de grandes notions théoriques telles que la science, la technologie, l'innovation, la recherche, le développement et sur leurs liens avec leur futur métier. Nécessité de clarifier le rôle des SHS dès le début du cursus chez les étudiants. Les SHS demeurent une notion floue, problème de lisibilité, manque d'explications et manque de visibilité (sur l'intérêt, la portée, l'utilité, etc.). Constat que l'on peut, dans une moindre mesure, étendre au niveau des enseignants. Nécessité de mieux faire comprendre la direction que peuvent prendre les SHS à l'UTT. Les SHS ne sont pas réductibles à certaines de leurs applications, par exemple le management. En raison de l'éclatement des SHS, plusieurs EC se voient contraints de se tourner vers leur propre communauté scientifique (externe à l'UTT) pour obtenir de la reconnaissance. Toutefois, le repli vers le cœur de métier est perceptible également dans les autres disciplines. Constat que lorsquil existait TSH, il n'y avait pas d'effet de masse (TSH n'est pas une UFR) : on observe une dispersion des profils des chercheurs en SHS à l'UTT. Les UT de Belfort et Compiègne semblent avoir une meilleure homogénéité grâce à un ancrage disciplinaire plus important des chercheurs SHS (avec des dominantes en histoire ou en philosophie). Constat aussi que l'hétérogénéité qui est une difficulté à l'UTT peut aussi être une force. UVs de SHS qui sont problématiquement réparties. Cela dénote un manque de vision à l'échelle plus globale et une absence de plan clair quant à la place des SHS dans le programme de formation des ingénieurs de l'UTT.
Propositions d'organisation et de valorisation des SHS
Propositions d'organisation et de valorisation des SHS : Créer un module d'Épistémologie pour les enseignants et les étudiants : [Question] : qui va le faire ? Faire en sorte que le module doctoral ISO1 soit plus suivi, car il semble fondamental. Proposition de valorisation du cours en diversifiant les publics : doctorants + enseignants + étudiants en branche. Cette mixité pourrait participer à la sensibilisation des élèves ingénieurs aux métiers de la recherche et à la présence de laboratoire de recherche dans leur établissement. Proposition de créer des cours d'épistémologie dès la première année. Multiples objectifs : Pour former plus tôt aux enjeux de la recherche scientifique ; Sensibiliser et amener à des pratiques réflexives dans l'activité de recherche ; Montrer la pluralité des sciences. Par exemple, les retours d'expériences de SH1 montrent que les étudiants ont du mal à concevoir que l'on puisse scientifiquement étudier certains objets du quotidien et que la science ne se cantonne pas à l'étude des objets techniquesProposition d'injecter des parties orientées sciences humaines dans les UVs déjà existantes. Par exemple MS11 (mesures physiques) : l'ouvrir aux Sciences sociales et la décloisonner de sa dimension purement physique. Cela se traduirait aussi par des aspects plus concrets pour les étudiants tout en élargissant l'horizon de pensée comme considérer la mesure en sciences sociales (ordre de l'évaluation et de la production de valeur). Cette proposition d'introduction de pans de SHS dans les UVs plus techniques nécessite l'identification préalable les UVs il y a un « espace », un « lieu », une « passerelle » pour le faire. À ce titre, la sensibilisation des collègues en sciences de l'ingénieur est nécessaire. L'introduction des aspects SHS par la contrainte est inenvisageable. Elle procède forcément d'une démarche volontaire. [Critique] : difficulté pour un EC en sciences de l'ingénieur d'inclure des aspects SHS dans son cours alors que les programmes sont très chargés. Proposition de créer une branche de SHS très orientée sur la formation SHS et Technique. L'intérêt est d'avoir un projet commun pour cristalliser la mobilisation de tous les enseignants en SHS (il existe à Compiègne un tronc commun « humanités & technologies »). C'est un élément de valorisation, car il a été montré à Compiègne que les étudiants qui sortent de cette branche se dirigent vers des postes à plus fort niveau de responsabilité. Proposition d'une décentralisation des UV de SHS : proposer un programme à la carte. Proposition d'intégrer plus d'UV de SHS en branche. Proposition d'une hybridation des cours et de proposer au sein du même cours des disciplines qui apparaissent complémentaires, par exemple : mécanique/psychologie ; chimie/neuropsy, sciences politiques/industrie, etc. Proposition d'aller chercher un appui du côté des anciens ingénieurs. Faire appel à un réseau d'anciens étudiants de l'UTT. Ce feedback pourrait s'avérer très intéressant pour mettre en évidence certains points fondamentaux de la formation au niveau, notamment les SHS. Les témoignages a posteriori sont pertinents dans la mesure ce sont des retours pratiques sur les expériences de cours indispensables : « qu'est-ce que m'a apporté l'utt, dans quelle mesure ? » Une autre vertu de cette idée serait d'aider les étudiants à se projeter dans leur futur métier d'ingénieur, chose qu'ils ont beaucoup de mal à faire aujourd'hui. Proposition d'adopter une nouvelle pédagogie : des cours sous forme d'atelier avec par exemple, plusieurs interlocuteurs, un professionnel en duo avec un EC pour faire naitre des avis contradictoires et complémentaires. Cela permettrait aussi de renforcer le lien entre théorie et pratique pour les étudiants. Deux enseignants qui abordent le même sujet sous deux angles différents en fonction de leurs outils respectifs. Partant du principe qu'il y a une segmentation importante à l'UTT, les SHS pourraient jouer un rôle de catalyseur en articulant des projets transverses à plusieurs disciplines. Proposition d'organisation d'un cycle de conférences sur la base du volontariat avec des EC issus de l'UTT ou d'ailleurs sur des thématiques diverses, capables de rassembler l'ensemble des acteurs. Proposition d'instaurer des ateliers d'échanges, par exemple sur les pratiques d'enseignement, de manière pluridisciplinaires entre tous les acteurs de l'UTT, pour prendre le temps de repenser les enjeux de la recherche et de la science. Cette idée reprend pour base le rassemblement important qui avait été celui de la première session du processus « UTT 2030 », sur un mode moins formel. Atelier d'amélioration permanent de la pédagogie et des enseignements. Par exemple, au début de linter semestre au moment il n'y a plus de cours. Remettre une dimension de plus long terme. Dimension conviviale fortement recommandée !
Travail de fond
Travail de fond : Le groupe de travail met en évidence la nécessité, au vu des enjeux que pose la question des SHS/humanités à l'UTT, de lancer un travail de fond sur cette question en ayant pour objectif la création d'un « document de référence », un « manifeste », un « document de synthèse et d'approfondissement théorique ». Ce document collaboratif serait à destination de l'ensemble de l'UTT et servirait à repenser durablement la place des SHS dans le programme de formation de l'établissement. La réflexion débordera le cadre du processus « UTT 2030 » pour amener une « orientation », un cadre de pensée dans lequel tous les acteurs sont invités à donner leur avis. La base du document partira de l'ensemble des réflexions élaborées dans les différentes réunions du sous-groupe et s'inspirera d'initiatives diverses, comme les productions du GIS UTSH. Ce texte ne s'oppose pas aux propositions concrètes formulées ci-dessus, mais a pour vocation de repenser la place des SHS et d'inscrire la réflexion sur une temporalité plus longue que ce que nous contraint UTT 2030. Il participera concrètement à la réflexion sur l'identité de l'UTT.