Synthèse Groupe 1

G1-1. Identité de lUTT : la technologie au cœur du modèle Synthèse du travail des 4 sous-groupes en vue du COPIL formation du 27/04/15 Le groupe 1Identité est subdivisé en 4 sous-groupes : G1-1 : Quelles évolutions pour la recherche à lUTT ? G1-2 : Comment adapter la pédagogie aux évolutions et aux attentes des étudiants ? G1-3 : Quelle place pour les humanités ? SHS, éthique G1-4 : Réflexion sur la technologie en formation et en recherche Voici une brève synthèse focalisée sur le volet formation, réalisée à partir des comptes rendus des sous-groupes.
G1-1
G1-1 : Quelles évolutions pour la recherche à lUTT ? Après un travail de mise en exergue des grandes thématiques concernées par lévolution de la recherche, le sous-groupe sest focalisé sur la formation à la recherche : comment sensibiliser les ingénieurs à la recherche pour développer une vision prospective ? Comment améliorer la formation pour les doctorants ?  Quelques propositions : 1) Encourager les doubles diplômes ingénieur/master et renforcer la formation à la recherche dans les masters (méthodologie de la recherche quantitative et qualitative, état de lart, formulation des problématiques…). Pour cela, encore faut-il maintenir les masters, et pour pouvoir les maintenir, il serait souhaitable de développer une licence ingénierie pour les alimenter. 2) Développer un module de formation à la recherche obligatoire pour les ingénieurs. 3) Sensibiliser les étudiants à la recherche dès le tronc commun et en entrée de branches : on pourrait par exemple banaliser la journée de cours pour whatsup doc, afin dinciter les ingénieurs à y participer, et/ou encore leur faire faire effectuer un stage de deux semaines minimum obligatoire dans les labos de recherche de lUTT. 4) Pour les branches, développer une activité pédagogique qui consisterait à travailler autour dune problématique scientifique, identifier des verrous, proposer un sujet de thèse. Les thèmes pourraient être proposés par des EC ou doctorants qui accompagneraient les binômes détudiants. 5) Proposer un cycle de conférences pour présenter des projets de recherche-action (par des EC de lUTT), en lien ou non avec celui du service RFE pour les étudiants. 6) Mieux accompagner les doctorants dans leur formation au métier de chercheur (montage, gestion et conduite de projets, gestion dun budget, business model, entrepreneuriat…). Lécole doctorale doit sadapter aux métiers de la recherche. 7) La formation à la recherche doit associer une formation à la conduite de projets.
G1-2
G1-2 : Comment adapter la pédagogie aux évolutions et aux attentes des étudiants ? Le sous-groupe a fait le choix dintégrer à sa réflexion, outre les questions de pédagogie, celles de didactique et dingénierie de formation. Après avoir soulevé quelques problèmes concernant la formation (présence excessive des sciences dures fondamentales en tronc commun, alignement du cursus au LMD et à linternational…), le sous-groupe a fait ressortir un constat et une idée. Le premier constat concerne la mobilisation des moyens humains et la valorisation du travail des enseignants : les responsabilités figées des UV ou la reconnaissance du travail qui peut parfois être inexistante, par exemple par rapport à leur rôle de conseiller auprès des étudiants. Les enseignants peuvent cumuler parfois des responsabilités.  Une remobilisation humaine est nécessaire avant de proposer des changements dordre pédagogique. Le second constat : la pédagogie propre à lUTT doit saffirmer lors des 3 ou 4 premières années de formation. Un adossement à la recherche est nécessaire pour les dernières années de formation. Il est proposé de catégoriser les UV par méthode pédagogique (projet…) pour diversifier, tout en veillant à respecter un certain équilibre.
G1-3
G1-3 : Quelle place pour les humanités ? SHS, éthique Le sous-groupe a commencé par se poser la question de lentité de regroupement des disciplines de sciences humaines et sociales : lancien département TSH a été évoqué, puis le pôle HETIC. Puis il sest posé celle de la place des SHS, en lien avec le modèle UT, et lidentité de lUTT. Une méthode de travail avait été proposée : - Clarifier les termes : SHS, Humanités, éthique… - Considérer la prise en compte des SHS par la CTI - Réflexion sur les objectifs à atteindre pour lintégration des SHS - Définition de la stratégie pour latteinte de ces objectifs Ce troisième sous-groupe sur les SHS a eu quelques difficultés à réunir du personnel en nombre suffisant. Cest le sous-groupe G1-4 qui traitera désormais des questions liées aux SHS.
G1-4
G1-4 : Réflexion sur la technologie en formation et en recherche Dans cette synthèse, seront intégrés non seulement les aspects liés à la formation, mais aussi la réflexion menée par le sous-groupe sur lidentité de lUTT, qui permet de donner un sens (signification et direction) et une finalité au plan stratégique tout entier. Cest pourquoi cette partie sera volontairement un peu plus longue. La technologie : une vision pour lUTT en 2030 Le sous-groupe propose une définition de la technologie, qui soit à la fois différentiante et structurante pour lUTT, qui ait un sens à la fois pour la recherche et la formation, qui articule technologie, sciences dites « dures », et sciences humaines et sociales, et enfin qui tienne compte de lenvironnement et du contexte socio-économique. La technologie est envisagée comme prisme structurant, à travers lequel doivent se positionner la formation, la recherche, la valorisation. Cest une vision pour lUTT, qui pourra ainsi porter lexpertise technologique au sein de la COMUE. Le document de travail du sous-groupe est actuellement structuré comme suit : 1) Quelle définition de la technologie pour lUTT en 2030 ? 2) Comment implémenter ce modèle à lUTT ? 3) La technologie : un prisme structurant pour la formation 4) La technologie : un prisme structurant pour la recherche 5) Des SHS et des Humanités intégrées au modèle 6) La technologie indissociable du contexte socio-économique, culturel7) LUTT : lexpertise technologique au sein de la COMUE Pour ce COPIL, on abordera seulement certains aspects sur lidentité et sur la formation (SHS comprises en partie). On reviendra sur les autres points lors des COPIL ultérieurs. Certains éléments sur la formation nont pas pu encore être intégrés. Et dautres sur lidentité seront développés au COPIL Identité de juillet.
G1-4 1 Définition technologie
1) Quelle définition de la technologie pour lUTT en 2030 ? Dans la définition proposée pour lUTT, la technologie va bien au-delà de la valorisation et des sciences appliquées ou finalisées : il sagit dun processus complexe et dynamique schématisé comme suit (cf. schéma du cycle technologique joint). Outre sa dimension defficience ou de pragmatisme, la technologie peut amener à élaborer des connaissances scientifiques nouvelles. Si elle peut mettre à lépreuve des théories scientifiques, elle peut également interroger les sciences, poser de nouvelles questions scientifiques. Par exemple, certaines problématiques industrielles peuvent donner lieu à de nouveaux questionnements scientifiques : on peut adopter une démarche véritablement scientifique dans un objectif purement pragmatique. Il sagit donc dun processus ou dune dynamique qui peut alimenter la science ou la technologie, dans un sens ou dans lautre. La définition proposée pour lUTT diffère des définitions classiques ou plus usuelles. Il ne sagit pas de létat de lart des sciences appliquées (ou applicables) dans un domaine à un moment donné. Il nest pas non plus question de la définition initiale de Jacob Bigelow qui correspondrait à lingénierie. Ces définitions auraient trop tendance à nous amener vers un conservatoire des techniques ou à une école dingénieurs plus traditionnelle. La définition proposée pour lUTT a lavantage de bien saccorder avec Université. Linnovation est obtenue par une rupture dusage, cest-à-dire une modification substantielle dun usage ou la création dun nouvel usage, qui a des conséquences fortes sur son écosystème proche. Cette proposition dun produit ou dun service nouveau modifie sensiblement lorganisation, le mode de fonctionnement, les valeurs dans son environnement (étape dinnovation). La réalisation, la conception, la fabrication de cet élément nouveau nécessitent la mobilisation de connaissances techniques, scientifiques (ce qui pourrait relever de lingénierie) et le développement éventuel de nouvelles connaissances et compétences (invention, développement). Linvention, quant à elle, est un objet, un procédé ou une méthode nouvelle. Elle se distingue notamment de linnovation en ceci quelle ne fait pas, a priori, lobjet dun usage nouveau. Elle peut répondre à un besoin identifié ou être proposée sans besoin a priori. Elle peut être issue dune démarche de recherche, académique ou non. Exemple : le cas de la Silicon Valley Lécosystème de la Silicon Valley montre que linnovation nest pas issue dune démarche de recherche, mais dun regard plus neuf, plus aventureux, plus visionnaire sur une problématique donnée. Linnovation vient en effet souvent de jeunes gens qui ont su voir une rupture des usages. Afin de soutenir leur produit, ils se tournent notamment vers les laboratoires de recherche pour obtenir les inventions nécessaires à leur produit (en les développant ou en les améliorant si elles préexistaient, ce qui donne un transfert de technologies, avec une accélération des étapes TRL). La valorisation nest donc pas un résultat de la recherche, mais la justification des orientations de recherche des plus prestigieuses universités américaines (Stanford, Berkeley…), en réponse aux innovations issues de leurs étudiants. Le financement obtenu par les porteurs de projet innovant peut également financer au passage les équipes de recherche (à partir des fonds levés pour la réalisation de linnovation). Ces projets innovants alimentent ainsi la recherche en nouveaux paradigmes issus de questions souvent très concrètes. Ce financement permet en parallèle une recherche sans finalité particulière, si ce nest scientifique. Le cycle technologique peut ainsi être schématisé : Formation (par les étudiants) -> innovation (a besoin pour se développer) -> invention (qui provient notamment dune activité de) -> recherche On est loin du schéma Recherche fondamentale -> recherche finalisée -> technologie -> innovation. - Environnement et état desprit favorables Cette innovation, cest-à-dire cette création de rupture dusage se développe dans un environnement propice avec une ambiance adaptée. Pour cela, il est nécessaire de sortir des modèles hiérarchiques implicites liés à la connaissance avec une forte hiérarchie des valeurs notamment liée au niveau de reconnaissance des travaux de recherche académique. Lenvironnement, lambiance doivent naturellement éviter le conformisme, de façon à provoquer les rencontres inattendues, les points de vue marginaux, décalés, les positionnements hétérodoxes, « borderline ». Une ambiance « contre-culture » est nécessaire et doit être entretenue. Les indicateurs doivent reposer sur loriginalité des positionnements, sur les risques pris. Un tel état desprit nest pas sans rappeler celui des UT à lorigineLe cycle technologique est porté par des acteurs mobiles, interagissant à différents niveaux, mobilisant et associant les compétences. Il ny pas de position fixe imposée, ni même permise. Lenvironnement implique naturellement une forte mobilité. De même, il est nécessaire davoir une certaine réactivité et agilité concernant le choix des thématiques. Cela implique de savoir se positionner sur ce qui émerge, voire danticiper, sans se limiter à la segmentation disciplinaire traditionnelle. Pour favoriser cela, il serait souhaitable davoir une gestion des carrières encourageant : - la prise de risque - le positionnement sur des thématiques originales - limplication des acteurs dans le développement de létablissement - la qualité de la formation - limplication des acteurs dans la chaîne de développement technologique - … Conditions dun environnement favorable : - Haut niveau de compétences approfondies des acteurs de la chaîne technologique fortement impliqués dans linnovation (à différencier dun haut niveau de qualification) ; - Grande culture scientifique, technique, humaine ; - Vivacité desprit, démarche aventureuse (possible par la prise de recul que permet le cadre universitaire) ; - Décloisonnement, mélange des disciplines… ; - Environnement agréable, ouvert, échanges fructueux et constructifs ; - Pas de cloisonnement formation/recherche ; - Nécessité des acteurs, notamment en cours de formation, de côtoyer quotidiennement les autres acteurs, dont les autres étudiants à tous les niveaux de la formation. Le partage de plateformes technologiques formation/recherche/industrie est nécessaire. Intérêt aussi à mélanger dans un même cursus les étudiants dans des filières différentes (mécanique, informatiquevoire design), projets communs, etc. Mélange horizontal et vertical. - Structure intégrée, pilotage global et cohérent, nombreuses passerelles, visibilité globale du système, marque commune
G1-4 2 Prisme structurant
2) La technologie : un prisme structurant pour la formation - Cadre général pour la formation La technologie exige la mobilisation de compétences très variées, techniques, scientifiques, etc., qui ne peuvent pas être portées à un niveau unique de formation. « Lesprit technologique » couvre naturellement lensemble des niveaux accessibles au supérieur L, M et D (en anticipation de nouvelles prérogatives de la CTI (?) et reconnaissant que le savoir-faire développé pour la formation des ingénieurs est valorisable aux autres niveaux).  Formation technique spécialisée (BTS + LPro)  Formation technique généraliste + partiellement scientifique (DUT + L3 = licence en ingénierie)  Formation scientifique de base + partiellement technique (Ingénieur)  Formation scientifique approfondie (Doctorat)  Accompagnement des salariés en poste, reconversion, FTLV…  Autres formations de niches relatives à la technologieIl faudrait pouvoir intégrer tous les niveaux à un même schéma de formation. La technologie est appréhendée comme une structure générale pour la formation. Elle a besoin dêtre nourrie par des bases scientifiques, des connaissances techniques, des questions humaines, économiques et sociales. A ce titre, les TM ne devraient pas se réduire à une application des CS. Toutes les catégories devraient avoir en perspective la question technologique, ses paradigmes à la fois transversaux et singuliers. - Les UV CS (Connaissances scientifiques) : Afin de penser des objets ou des services nouveaux, un regard pertinent sur le monde est nécessaire. Les connaissances scientifiques permettent de rendre le monde intelligible et donc davoir un regard plus pertinent, moins naïf, plus pointu sur son environnement. Les éléments à mettre en œuvre/à mobiliser/comprendre pour linnovation et la suite de la chaîne technologique sont techniques et scientifiques (sciences dures et sciences humaines). - Les UV TM (Techniques et méthodes) : Elles ne doivent pas apparaître comme des CS appliquées, ou comme lunique composante technologique de la formation. Elles proposent des méthodes et techniques déjà connues, mais aussi leur mode de raisonnement propre, dont la complexité nest pas nécessairement moindre que celle des CS. Etant toutefois un tout petit peu plus proches de la formation technologique, les TM doivent jouer un rôle plus central dans larticulation de la formation. On y trouve aussi des éléments relatifs aux questions humaines et sociales. - Faut-il former à lingénierie ou à la technologie ? Selon la définition proposée, la technologie est une dynamique globale, intégrant linnovation en plus de lingénierie. A ce titre, elle justifie la différence entre école dingénieur classique et Université de technologie. Il sagit de faire passer une vision nouvelle, ce qui pourrait nous faire changer notre façon denseigner, ou renvoyer à des dispositifs pédagogiques spécifiques ou différentiants. Lapproche technologique donne une orientation particulière aux problématiques posées, quelles soient scientifiques, techniques, humainesFormer à lautonomie, former par des projets denvergure : La formation doit passer par des phases pratiques importantes létudiant est autant que possible immergé dans le cycle technologique réel (pas uniquement sous forme de petits projets ou petits travaux pratiques). Il doit être en contact très régulier avec les acteurs du cycle technologique, au-delà des enseignants (ingénieurs, industriels, entrepreneurs, chercheurs…). Admission des étudiants : Lenvironnement, le type de formation, limplication dans le projet pédagogique demandent des étudiants très impliqués, très intéressés, soucieux dacquérir une grande culture, des bases solides et de les mettre rapidement en œuvre dans le cycle innovation/conception. Les étudiants choisis nont pas nécessairement besoin dun niveau académique excellent, mais dune forte volonté de simpliquer dans ces apprentissages de manière active. Il est important davoir des étudiants de bon niveau, très motivés, mais aussi de profils, dorigines et de compétences très différents. - Formation à linnovation (cible bac+5) Comme on la dit plus haut, pour le cas de la Silicon Valley, linnovation et la conception viennent souvent de jeunes gens en fin de formation initiale (fin de bachelor généralement), même sils ne constituent pas les acteurs exclusifs. Le mode de raisonnement, ou létat desprit présente certaines particularités. Eléments caractéristiques du processus dinnovation : - Il ny a pas dopposition ni de séparation entre théorie et pratique. - Linnovation ne se pense pas. On participe à sa création, on la « vit ». - Il ny a pas de méthode. Ou plutôt, la méthode est complètement libre : cest la pertinence du résultat (tout inclus) qui compte. - Il ny a pas de concession sur linnovation : il faut sans cesse repositionner, améliorer le produit ou le service envisagé. - Afin de nourrir rapidement les possibilités envisagées, des connaissances et compétences pointues et solides avec une culture vaste sont nécessaires. - Léchec fait partie du processus dinnovation.
G1-4 3 SHS
3) Des SHS et Humanités intégrées au modèle Des questions sociétales, environnementales, éthiques se posent tout au long de la « chaîne technologique ». Elles ne se situent pas spécifiquement en amont (prévision, autorisation de développement), ni en aval (étude, constat a posteriori). A tous les niveaux de la chaîne technologique, les acteurs doivent être sensibilisés (cest un minimum) à ces questions. Les acteurs majeurs doivent intégrer véritablement ces questions, participer à une réflexion, interagir avec des acteurs SHS extérieursLes questions environnementales posent un certain nombre de contraintes, dont les acteurs devront prendre en compte. Certaines applications peuvent poser des questions dordre éthique, et poser dautres types de contraintes. Des innovations ou nouvelles applications peuvent donner lieu à des questions nouvelles, éthiques ou philosophiques. Pour toutes ces problématiques, le cycle doit être pensé globalement, en interaction forte avec lensemble des acteurs. Les questions relatives aux utilisateurs doivent également être intégrées dans la réflexion.