UTT2030_CR_COPIL_Valorisation_29juin

La valorisation Présentation du Groupe 2 Laurent Daniel, pilote du groupe, note que cette présentation est principalement issue du travail du sous-groupe « campus créatif ». Lobjectif de la réflexion a été de trouver comment utiliser la puissance de létablissement pour aider ceux qui ont la capacité de créer quelque chose. Il est notamment proposé dexploiter au maximum le site Fondation. Plusieurs idées ont été émises : • Facebook « zéro filtre ». Un groupe détudiants a travaillé avec Emmanuel Carquin à la création dune page Facebook « zéro filtre », permettant aux personnes partageant une même idée de se trouver. Il sagirait dexploiter ce type de projet « bac à sable ». • Guichet unique et suppression de périodicitéConcours organisés par lUTT. Le problème des concours a été souligné. Actuellement, des concours sont lancés par des entreprises, et leur permettent de récupérer des idées quasiment gratuitement. Le groupe propose de réorienter ce travail en interne, avec des concours organisés à lUTT avec un verrouillage de la PI UTT. • Un évènement récurrent qui démystifie et désacralise la création dentreprise. Les Plug & Start existent mais les cibles sont des personnes déjà très intéressées dans la création dentreprise. Lobjectif serait davoir un évènement permettant de cibler les personnes encore indécises. • Une « succès story list » du site fondation UTT. • Le point dentrée intégré DFP/DVPI projets émergents autour de Laure Grandhomme, Muriel Lenfant, Christine Aubrat (pré financement, rapprochement des projets). • La fondation, son rôle de préfinanceur au travers de lUTT et de financeur ensuite, son site intégré suivi de projet de crowd funding et de mise en relation. • Les moyens et personnels de lUTT (liste moyens matériels, locaux, nouveau trombinoscope, AHE, TX, UVs GEXX, mineur entreprenariat, labo idées, Fab lab…). Le groupe souligne quon dispose déjà tous les outils nécessaires, et quil ne manque quune formalisation et une meilleure communication auprès des étudiants. • Les moyens qui permettront daller plus loin en lien avec la Technopole : Young Entrepreuneur Center, Pépinière, Plug and Start… • Lesprit est : « Chacun peut se lancer et on a le droit de se planter ». Pour favoriser la possibilité de faire des projets, il faut valoriser léchec. Léchec peut freiner les éventuels acteurs, il est nécessaire de remédier à ce problème. Une démarche est ensuite proposée pour lancer un projet : 0. Utiliser la sandbox Facebook pour se retrouver 1. Utiliser le guichet unique à lUTT : il sagit de détailler son idée et didentifier les personnels et moyens requis 2. Présenter son idée de projet devant un jury composé de pré financeurs (fondation/UTT), qui a pour rôle détudier le projet et de donner son accord. La présence du personnel sollicité pour le projet est impératif. 3. Le projet est ensuite préfinancé pour son démarrage par le mécanisme déjà en place à lUTT abondé par la fondation. Il sagit de proposer un ticket financier minimaliste avec une certaine liberté sur son utilisation. Le projet est ensuite publié sur le site de crowdfunding de la fondation. Les fondations ont tendance à faire des sites de financement très institutionnels. Il faudrait plutôt avoir des explications des projets par leur porteur : envoyer un message « financez ce projet » plutôt que « financez nous ». 4. En fonction des sollicitations, le porteur de projet accède aux outils et supports UTT : living lab, co-création, fab-lab, labos, halles, support de personnel (chercheur ou non). Durant lavancement du projet, il sera possible de le suivre à travers le site fondation, avec des données comme le suivi du budget, les résultats,… Grâce à ce suivi, le projet restera attractif auprès des financeurs et permettra aux acteurs périphériques de garder un œil sur le projet. Lorsque le projet prend de lampleur et attire de nouveaux financeurs, il est nécessaire de mettre en place une forme de rétribution, même symbolique. Celle-ci doit concerner tous les personnels impliqués, il sagit dun point clé afin de les motiver à simpliquer. Il est proposé de mettre en place un versement dune part symbolique de tous les abondements à tous les personnels UTT sans exception. Il permet de signer la reconnaissance établissement de la participation de tous. Une fois le projet réussi, il quitte lUTT et est potentiellement orienté vers la Technopole. Les personnes impliquées dans le projet peuvent alors se retrouver dans une future société autour de celui-ci. Un business plan a été créé par le groupe afin dévaluer la faisabilité de cette idée. Il est souligné que les dépenses au démarrage resteront peu importantes, puisquil sagirait uniquement dune création de site. Le financement participatif est une part importante de ce projet. Une réflexion est également à mener sur un éventuellement financement SATT en masse salariale. Plusieurs conséquences à ce projet : • Image UTT / FondationMatériel promotionnel à base de projets réels pour la fondationlien réel avec les anciensFidélisation acteurs vers institution (parents, ancien, étudiants) • Communication sur projets pharesBrevetsSpins-upsMeilleur classement sur le critère « innovation » Quelques exemples de projets déjà menés ont été cités : drone minimaliste, imprimante 3D, entreprise de services dans lingénierie impression 3D,… Il est noté que, contrairement aux étudiants en école de commerce, les élèves-ingénieurs nont pas nécessairement besoin de mener ce type de projets pour réussir leur carrière. Par conséquent, les étudiants UTT seront moins poussés quen école de commerce, mais on peut imaginer que les volontaires seront des personnes très motivées. Un réel effort est à faire sur la culture entrepreneuriale auprès des étudiants. Il nest pas nécessaire de pousser les étudiants à la création dentreprise, mais une sensibilisation à linnovation doit avoir lieu dans le cursus. On pourrait les encourager à avoir un projet tout au long de leur cursus, plutôt que de multiples projets isolés par semestre. On note une forte demande des étudiants pour travailler en contact avec la réalité. Pierre Koch note que la fondation pourrait en effet permettre une levée de fonds. La fondation sappuiera sur lassociation Asanutt mais pas uniquement : il y aura probablement des effets de synergie entre la création de la fondation et le développement des Alumnis. Présentation du groupe 1 « Identité » Peggy Touvet présente le travail effectué par le groupe « identité ». Elle rappelle que ce groupe est essentiellement constitué de chercheurs ainsi que dAlexis Bouquet, de la DVPI. Le groupe a exprimé une inquiétude quant au fait de se faire « aspirer » par la SATT. Il a été noté que lorganisation actuelle ne rendait pas la valorisation naturelle, et quil était nécessaire de créer une structure et davoir une réelle politique de valorisation. La démarche prospective doit se faire avec les chercheurs. Aujourdhui, la valorisation est vue comme une mission isolée, au même titre que la recherche ou la formation. Le groupe indique que cela crée un affaiblissement de la valorisation, qui devrait plutôt être une mission transversale : les partenariats industriels devraient naturellement être associés à la formation dune part et la recherche dautre part. Avoir un projet « valorisation » propre ne semble pas pertinent. Une réflexion doit être menée sur lintérêt de créer une troisième direction pour assurer la valorisation de la recherche, les prestations ingénierie et la formation continue. Des difficultés dans les relations liant industriels et chercheurs ont également été soulignées. Des problèmes ont été soulevés des deux côtés : les chercheurs doivent parfois répondre à des besoins basiques qui ne sont pas intéressants pour eux, et les industriels rechignent parfois à payer le travail de recherche, car ils considèrent que le travail dune université devrait être gratuit. Il a également été noté un manque de réactivité de la part des chercheurs pour établir des contacts, ainsi quun manque dingénieurs dans les équipes. Pour renforcer les liens entre industriels et chercheurs et faciliter les échanges, le groupe propose la création dun laboratoire commun, co-financé par les industriels. Il est suggéré de commencer par avoir des locaux à disposition des industriels gratuitement. Les étudiants seraient également impliqués dans ces espaces communs, afin dinciter les rencontres entre tous les types dacteurs : ce sont les rencontres qui favorisent les projets. Le groupe a jugé les pôles de compétitivité inutiles car ils sont censés avoir une vocation internationale et/ou nationale, ce qui na pas de sens pour les industriels et les chercheurs. La valorisation des publications a été qualifiée dinsuffisante : les articles et les résultats devraient être à disposition de tous. LUTT peut saméliorer sur son identité numérique. Les archives ouvertes ne sont pas suffisamment valorisées. Il est suggéré davoir une page identifiée UTT sur la plateforme numérique HAL. Suite à cette présentation, Pierre Koch note que le terme de « valorisation » est à revoir. Ici, le fait que le groupe soit constitué quasiment exclusivement de chercheurs les a menés à réfléchir en terme de valorisation de recherche scientifique, ce qui est une définition restrictive par rapport au souhait de réflexion pour UTT 2030. Présentation du groupe 3 « Quels ressorts managériaux pour soutenir ce modèle technologique ? » Benjamin Ruiz, pilote du groupe, commence la présentation en rappelant certains textes de loi afin de redéfinir les missions de lUTT. Daprès le décret 1994, les missions de lUTT sont les suivantes : formation initiale et continue, préparation à dautres diplômes, recherche, diffusion des connaissances, coopération avec les organismes publics ou privés, français ou étrangers. Le décret de 1984 sur les enseignants-chercheurs exprime la notion de « valorisation des résultats » au sein des droits et obligations. Enfin, le décret de 1985 sur le personnel ITAF (Ingénieur Technicien Administration Formation » porte la mention de « valorisation de linformation scientifique et technique ». LEtat a donc prévu que la valorisation ferait partie intégrante des missions de lUTT. Valorisation de la recherche Une réflexion est à mener sur une restructuration de la SATT pour valoriser la recherche. Il est noté que la SATT nest pas la seule solution et quelle ne prendra pas tout en charge. Dautres moyens de valorisation sont à étudier. Limportance de la communication et lincitation est également mise en avant : il faut inciter les différents acteurs à participer à la valorisation. A léchelle de la COMUE ? Valorisation des formations Quelle structure pour la valorisation des formations continues ? Il faut réfléchir à la réorganisation dun service pour la valorisation. Il ne faut pas non plus oublier les activités et les pratiques pédagogiques, sur lesquelles il est indispensable de communiquer. Enfin, il est important de sinterroger sur la politique des TICE, inexistante à lheure actuelle. Valorisation des personnes Il est capital daccroitre la motivation du personnel, de valoriser ses compétences, et davoir une politique de transparence et dégalité. Présentation du groupe 5 « Attractivité » Dominique Gaïti, pilote du groupe, commence par présenter lanalyse SWOT qui a été effectuée via une enquête terrain. • Parmi les forces de lUTT, on retrouve : rapidité dinteraction, ouverture desprit, autonomie pour développer ses projets, réputation de létablissement, entreprenariat et innovation, équipes de recherche reconnues, technologies à la pointe, gros contrats de recherche, modèle UT, liberté de recherche, structure à taille humaine. • Parmi les faiblesses : budget insuffisant, machine administrative lourde, non-implication dans des projets concrets, multiplication des procédures, hiérarchie inutile et inefficace, faible renommée, environnement pas du tout flexible, pas de vision mobilisatrice et pas de projet global attractif. • Parmi les opportunités : aide de la région, proche du monde industriel, réseaux pour faire venir des gens de lextérieur, structure petite : il est plus facile de prendre des responsabilitésParmi les menaces : tissu socio-économique inexistant, manque de transport et daccessibilité, démotivation récurrente face à des initiatives, absence de référents, manque dactivités scientifiques de qualité à cause de lisolement de Troyes Le groupe note que la valorisation en elle-même est un facteur dattractivité : cest la marque UT malgré tout. Différents outils de mesure ont été trouvés : • Quantitatif : nombre de start up montées, nombre de brevets, durée de vie des starts up, nombre de personnes dédiées à la valorisation, moyens (k€) donnés à la valorisation, nombre de récompenses associées à la création dentreprises, montant levé auprès des investisseursQualitatif : retombées sur le tissu économique de la région, initiatives reconnues et reprises par les médias, succès de lentreprenariat étudiant, dynamisme des services support 4 cibles ont été notées. Lenseignant-chercheur est la cible classique historique. Néanmoins, il ne faut pas oublier les doctorants, les ingénieurs/masters et les entrepreneurs extérieurs. Les enseignants-chercheurs ne pourront pas nécessairement aller plus loin quactuellement dans la valorisation, mais un travail intéressant peut être fait avec les autres cibles. Certains critères sont à retenir : • Travailler sur la notion « quelle est la place de linnovation dans une UT ? » (linnovation est un outil de valorisation) o On fait de la R&Don devrait faire de la RID o Linnovation doit-elle piloter la recherche dans une UT ? o Souvrir à lécosystème mais de fait il faudrait trouver notre objet dinnovation o Réintroduire un système de gratification pour le suivi des stagesrenforcer le lien avec lentreprise o Système de gratification pour le suivi des stages pour renforcer le lien avec lentrepriseRepérage de compétences o Une personne de valorisation dans chaque équipe o Il faut détecter en interne les compétences quon pousseraitmise en place dune cellule dédiée o Renforcer le lien étudiants ingénieurs/EC pour lémergence de nouvelles idées (cf le copil sur la recherche avec (1) les laboratoires ouverts, (2) le passage des étudiants dans les labos de recherche de lUTT : une semaine ? un mois?) • Aide au montage o Enseignement dédié o Cellule de suivi o Accent à mettre sur les doctorants et les étudiants ingénieurs/master (pendant les études ou la thèse et après..) o Trouver des sources de financement adaptées (concours, région, ministère, industriel, crowdfunding, business angels, …) • Affichage (et création préalable si nécessaire) o de la marque UT (à renforcer) o dun pôle dattractivité valo pour que les entrepreneurs potentiels viennent o de moyens de connexion avec lextérieur (transport, moyens audio-visuels, …) o de sujet de thèse lissue de valorisation est indiquée o de cours daide à la création dentreprise o dun discours différentié « territoire innovation » et « territoire recherche » o de structures daccueil de la valorisation (renforcer le lien entre lUTT et la technopole) Quelques pistes ont émergé suite au comité de direction de lICD : o Faire une école dentreprenariat au même titre quune école doctorale o Pour les élèves ingénieurs de lUTT : concours + structure daccueil financée avec la fondation ou des partenaires (avant même lincubation). o Sinspirer de lUTC: a. TUC (Tous Unis pour la Cité). Valorisation des talents b. Dispositif « ressort » (regroupement de l'enseignement supérieur en soutien opérationnel à la revitalisation du territoire) o Expérience PIVERT avec le prix Daniel Thomas o Faire de la communication sur les nombreux moyens dont on dispose autour de la valorisation : pepite Champagne Ardennes (Plan Etudiant Pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat), Potentiel (Opérateur local du pépite Champagne-Ardennes), YEC (Young Entrepreneur Center : incubateur étudiant), plug and start, technopole, 24h de linnovation Pour conclure, le groupe indique quil ne faut pas perdre de vue que notre principal facteur dattractivité est notre taille, qui implique une dimension humaine dans le travail et une force de réactivité. Pierre Koch réagit à cette volonté de « rester petit » exprimée par le groupe. Plutôt que rester « petit », lobjectif serait plutôt de grandir au maximum tout en restant agile. Il note également que linnovation est un fil rouge pour une multitude de sujets. On parle notamment du MIT surtout parce quil sagissait dun lieu dinnovation. Linnovation produit en effet de la matière valorisable, mais il ne faut pas oublier quon dispose également des sujets valorisables déjà existants. Christine Aubrat remarque quon pense en premier lieu à la valorisation des résultats de recherche ou la valorisation économique. Il faut aussi penser aux talents des personnels, talents quels quils soient. Il est également noté quun aspect de la valorisation na pas du tout été abordé : la valorisation du patrimoine. On peut imaginer que pour les congrès, lUTT pourrait soccuper de lhébergement des personnalités impliquées, etc. Il est possible daller plus loin dans lexploitation du campus. Présentation dIther Durant les présentations des groupes, il a été évoqué que la valorisation était la 3ème mission de lUTT, et quil serait nécessaire davoir une vision plus transversale avec formation et la recherche. Daprès Ither, il est en effet nécessaire davoir une approche globale de la valorisation : on doit valoriser lensemble de létablissement, et pas une partie isolée. La valorisation est une des missions des établissements denseignement supérieur et de la recherche En effet, elle est au cœur des dernières lois (Allègre 1999, Goulard 2006, Pécresse 2007, Fioraso 2013). Elle est la raison dêtre de nombreuses structures : de nombreux outils ont été créés par le Ministère et ont pour objet la valorisation. Le tout est loin dêtre stabilisé voire dêtre évalué : lévaluation de limpact est problématique. Il est capital de remettre la valorisation au cœur de la stratégie des établissements. Constats Le premier constat est la baisse des ressources publiques. En effet, le budget de lESR stagne voire diminue, et la part de crédit ANR dans la MIRES diminue. Il sagit dune période très difficile sur le plan financier, sans espoir de retour. Le deuxième constat est lémergence de nouveaux besoins. La concurrence nationale et internationale exige des moyens de développement supplémentaires. Des stratégies de groupe, selon les cas, nécessitent également des moyens accrus : les COMUE sont présentées comme une économie alors quil a été prouvé quil sagissait plutôt dun coût important pour les écoles. Cette stagnation des budgets au plan national et local ainsi que lévolution des besoins est un redoutable « effet de ciseaux ». Il est donc nécessaire de réfléchir à la façon dont on pourrait dégager de nouvelles marges de manœuvre. Deux solutions pour cela : réaliser plus déconomies ou trouver de nouveaux moyens financiers. Cest sur la deuxième solution que sest concentré Ither. Trouver de nouveaux moyens financiers Pour trouver de nouveaux moyens financiers, Ither propose la règle des 5E. o Létablissement est au cœur de la démarche. o LEtat et les collectivités sont les principaux actionnaires de lUTT et amènent subventions et crédits compétitifs o LEurope amène des crédits compétitifs (appels à projets, …) o Les Elèves amènent les frais dinscription nationaux et internationaux o LEnvironnement socio-économique amène le mécénat o Les Entreprises amènent la valorisation Une mise en garde est faite : il ne faut pas confondre largent du mécénat et largent de la valorisation. Il sagit de deux mondes différents avec des objets différents et des liens avec Bercy différents. Lun propose par exemple une réduction de 75% sur les dons faits aux formations, alors que lautre propose des crédits impôt-recherche. Christine Aubrat appuie cette idée en remarquant quune partie est lucrative alors que lautre ne lest pas. Léonor Manent note que les entreprises veulent faire appel à luniversité dans des cadres bien particuliers et quil est de la responsabilité de létablissement de se vendre au bon prix. En effet, les consultants Ither soulignent le fait quil est important que lUTT ne se brade pas : un service, une structure doivent être garants de la bonne valorisation globale de létablissement. Laurent Daniel remarque que cette structure existe déjà : il sagit de la SATT. Les consultants Ither répondent que la SATT a une mission différente : celle de financer la maturation et de gérer la PI. Partenariat avec les entreprises Ither reprend la présentation en se concentrant sur la valorisation et le partenariat avec les entreprises : quelles stratégies les établissements peuvent-ils adopter ? Valoriser signifie donner de la valeur (commercialiser) et mettre en valeur (communiquer). Un bon exemple de valorisation est les Hochschulen en Allemagne. En dix ans, elles ont réussi à doubler leurs fonds privés. En 2012, elles disposaient de 6,7 milliards deuros dont 1,3 milliards pour la recherche privée. En 2014, 285 établissements avaient un contrat avec des entreprises pour des bourses étudiants ou de recherche, concernant 20 000 étudiants sur une base moyenne de 300par mois. 1 000 enseignants en Hochschule proviennent des entreprises, leur salaire représente 115 Mpar an. Les chiffres montrent que ces établissements sont très performants du point de vue de la valorisation. Des difficultés à concevoir une stratégie détablissement peuvent exister. Parmi celles-ci, la séparation formation/recherche, les tutelles multiples des laboratoires (ce qui est peu le cas à lUTT), de multiples acteurs et structures de valorisation (la SATT,…), la mobilisation des personnels, la complexité de lenvironnement institutionnelDes institutions (CNRS, INRIA, URQA), sont des objets qui nont pas les mêmes attentes, stratégies et politiques vis-à-vis de la valorisation. Quel sera le dénominateur commun en COMUE ? Stratégie globale de valorisation Le premier principe énoncé est le suivant : chaque établissement doit construire une stratégie globale de valorisation et ses relations avec les entreprises. Un établissement ne doit pas tout prendre en charge de bout en bout en matière de valorisation. Une partie de la valorisation devrait être traitée par une autre structure mutualisée. Pour autant, cela ne signifie que la structure externe prend le contrôle. Il est impératif davoir une stratégie sur la valorisation, de savoir lUTT veut aller. Guichet unique Le deuxième principe est davoir un guichet unique pour létablissement. Il sagirait dune interface entre le monde économique et létablissement. Ce guichet unique permettrait déviter des communications multiples avec la même entreprise (une fois pour un stage, une fois pour un partenariat, etc.) : il est nécessaire davoir un interlocuteur unique. Il est également important davoir une direction pour donner une cohérence à lensemble, pour rappeler et mettre en œuvre la stratégie globale de valorisation de létablissement Trois possibilités existent pour la structure de ce guichet unique : o Un SAIC (service dactivités industrielles et commerciales), comme cest le cas à lUTBM o Une association de type ADR, qui est cependant déconseillée par la cour des comptes depuis 1997 o Une filiale de droit privé, comme cest le cas à lUTC Pourquoi ne pas avoir une structure répartie, commune aux 3 UT, permettant toutefois une forte autonomie locale ? Lidée serait de fusionner le travail technique et administratif, et de laisser les établissements gérer leur politique de valorisation. Pascal Royer note quun guichet unique interne a existé par le passé, mais que ce fut un échec. Les consultants Ither soulèvent le problème du guichet unique en interne. Cela peut avoir notamment un problème de lien sur le plan juridique. Avoir une structure intermédiaire permettrait davoir une structure privée face à une entreprise privée, ce qui permettrait de faciliter les échanges financiers, juridiques,… Pierre Koch remarque que si lon souhaite se diriger vers une filiale, il faut suivre les étapes et dabord développer une activité, puis voir sil est intéressant de mutualiser. Linconvénient serait que lUTT ne serait pas seule actionnaire : des intérêts divergents peuvent apparaître lorsque les actionnaires sont multiples. Il est noté quil existe une filiale de droit privé à Centrale Lyon, qui fonctionne également pour deux autres écoles Centrale. Il y a alors communauté dintérêt. Pierre Koch indique que la filiale, si elle est prise comme un service support que différents acteurs peuvent utiliser, peut poser problème. Comment garantir quelle saura, à un instant T, tout sur les activités des 3 UT ? Les consultants Ither répondent quil faut concevoir une subsidiarité entre ce qui est mutualisé et ce qui ressort de létablissement. Pierre Koch pense donc quil faudrait mutualiser la partie « grands comptes », et que le reste devrait rester propre à létablissement. Christine Aubrat sinterroge sur le rôle de la SAIC, qui ne travaille pas sur la valorisation globale mais uniquement sur la recherche. Les acteurs de la SAIC ne peuvent parler que dun point de vue de la recherche, alors que les enseignants-chercheurs ont une légitimité à la fois sur lenseignement et sur la recherche. Avant, la prise de participation nétait pas autorisée, alors que cest le cas aujourdhui. Le fait dexternaliser lactivité se justifie peut-être moins aujourdhui. Daprès Ither, il est plus simple quune structure privée soit linterlocuteur dune autre structure privée. Entre un établissement public et une entreprise, les règles de comptabilité et de fonctionnement ne sont pas les mêmes. Létablissement aura par exemple du mal à garantir une certaine qualité de service car il nest pas équipé pour. Il est plus simple de demander certaines contraintes à une structure privée, plutôt quen interne. Pour Pierre Koch, il existe une distinction entre le besoin fonctionnel du guichet unique et les instruments pour agir. Il existe également un effet de taille : nous sommes encore « petits », il faut donc multiplier les contacts et homogénéiser les prestations. Dans labsolu, il ny a pas dimpossibilité, mais cela peut-être plus compliqué dans des grosses structures. Selon quon considère la filiale comme un outil au service dune activité définie, ou comme porteuse de toutes les interfaces entreprises, il existe dimportantes différences. Il est capital de dégager le besoin fonctionnel et de se donner les moyens de réussite. Pour revenir sur la tentative de guichet unique qui a eu lieu par le passé, Christine Aubrat indique quil manquait doutils. Il existe deux aspects dans le guichet unique : on peut aller le voir en sachant ce qui a déjà été fait, et lentreprise peut sadresser à létablissement pour un point précis. Dans ce cas, lentreprise veut sadresser directement au service dont elle a besoin (par exemple, le service des stages si elle recherche un stagiaire). Ither fait remarquer que face à une demande précise, le guichet unique a pour rôle daiguiller vers le bon interlocuteur puis de lui laisser la place. Les alumnis autour de la table pensent également quun interlocuteur unique est nécessaire. Les entreprises ne cherchent pas un court-circuitage, elles ne cherchent pas à parler à une personne en particulier, mais souhaitent en premier lieu un contact avec létablissement. Le guichet unique permettrait également de mettre en évidence la valeur ajoutée de lUTT, en montrant tous les services quelle peut proposer. La complexité de lUTT doit être effacée : elle doit sadapter au privé, et non linverse. Il est noté quil serait intéressant davoir un retour dexpérience de lUTBM et de lUTC, puisquelles ont choisi des structures de guichet unique différentes. Les consultants Ither poursuivent la présentation en exposant le déploiement de la stratégie : o La formation tout au long de la vie o La recherche scientifique et technologique, la diffusion, la valorisation et le transfert o Lorientation et linsertion professionnelle o La diffusion de la culture et linformation scientifique et technique o La participation à la construction de lEspace européen de lenseignement supérieur et de la recherche o La coopération internationale Valorisation de la R&D La valorisation de la R&D concerne le conseil, les contrats, les brevets/licences, et les start-ups. En observant le total des dépenses de R&D du secteur de lenseignement supérieur, la part financée par les entreprises en 2009-2010 est de 15% en Allemagne, la moyenne est supérieure à 6% pour lOCDE, et elle est inférieure à 2% en France. Daprès les chiffres, il existe un véritable retard en matière de valorisation de la R&D en France. Valorisation de la formation La valorisation de la formation passe par la formation continue, lapprentissage, les projets étudiants et lentreprenariat. A défaut de disposition adhoc, Ither conseille de passer pas des outils de recherche partenariale : appels à projets partenariaux, CIR, Pôles de compétitivité, Carnot, IRT, IEED …. Il faudrait une structure dédiée aux recherches de financements. Il est également conseillé de se rapprocher des collectivités Christine Aubrat note limportance de sensibiliser les étudiants à tous les programmes de financement de recherche existants. Valorisation des plateformes technologiques La valorisation des plateformes technologiques (lensemble des moyens techniques à disposition) est également un aspect important de la valorisation. La plateforme technologique doit être un outil sur lequel on peut retrouver à la fois les chercheurs, étudiants et industriels. La plupart des établissements comme lUTT peuvent en avoir de très haut niveau, la gestion rigoureuse et la commercialisation doivent donc être envisagées avec le plus grand professionnalisme. Pascal Royer ajoute que plus quune plateforme technologie, il faudrait surtout une plateforme déchange, de discussion. Thomas Quartier appuie cette idée : échanger est tout aussi important quavoir une bonne plateforme technologique. Ither note que la plateforme technologique peut être aussi bien à lUTT que chez un industriel, avec un partenariat particulier. Pascal Royer indique que le premier objectif des plateformes technologiques est daider les chercheurs. Si on va jusquau point daider les industriels, il faudra faire un bon état des lieux de ce qui existe déjà chez eux. Il ne sagit cependant pas de lobjectif premier. Valorisation de létablissement Si ce nest pas déjà fait, les consultants Ither suggèrent dajouter les entreprises aux cibles de communication de létablissement. Il est également capital danimer lécosystème socio-économique de létablissement, avec un club dentreprises, des conférences, activités de vulgarisation, journées portes ouvertes, projets citoyens co-construits avec les collectivitésIl est extrêmement important de montrer que lUTT est un acteur de lécosystème local et quil y participe par des actions. De plus, il est relativement aisé de mobiliser les étudiants sur des sujets disposant dun intérêt social évident. Réactions aux présentations Pierre Koch conclut les présentations en notant quelles sont allées de linnovation à la relation entreprise : on dispose de lensemble du spectre nécessaire. Lobjectif nest pas davoir toutes les données pour le plan stratégique, mais de mettre en avant les principes, les grandes orientations. Christophe Viennot note la place importante de lopen innovation dans son entreprise, ERDF. Certains savoir-faire et moyens ne sont pas forcément à leur disposition en interne. Ils souvrent donc à lextérieur, aux autres industries mais également aux établissements denseignement supérieur. Cela fait écho au guichet unique. ERDF est dailleurs doté dun guichet unique, qui est un interlocuteur privilégie pour les établissements denseignement supérieur. Il est bien davoir quelquun en relation avec lexterne, qui connaisse lorganisation interne de létablissement et qui donne une relation simple à lensemble de ceux qui pourraient avoir besoin de travailler avec nous. ERDF croit beaucoup à lopen innovation car elle permet une juxtaposition de personnes qui nont pas toujours besoin de travailler ensemble, elle permet de faire collaborer des personnes qui ont des savoir-faire différents de façon régulière, ce qui permet de faire germer des idées innovantes. Louverture vers lexterne en matière dinnovation peut créer des occasions de se valoriser, ce qui est un peu lesprit de la technopole. Des partenariats avec lexterne peuvent créer de la valeur sans pour autant nécessiter un fort investissement financier des acteurs. LUTT peut apporter des savoir-faire intellectuels et le simple fait de travailler ensemble peut créer de la valeur sans forcément de moyens importants. Une façon de valoriser notre établissement peut être en matière de notoriété plutôt quen termes de valeur financière. Ces partenariats peuvent être loccasion davoir des relais politiques ou médiatiques, ce qui fonctionne assez bien. En matière de partenariats, les entreprises peuvent être porteuses de sujets, comme pour le master commun EPF/école de design/école de commerce. La question de la notoriété, des relais politiques ou médiatiques peuvent constituer un axe de réflexion. Pierre Koch partage lidée de lintérêt de la valorisation en termes autres que numéraires : la notoriété est très importante. Il note également que linnovation a eu une place importante lors des présentations des pilotes. Lorsquon observe le processus dinnovation, on ne sait pas comment une idée démarre, mais une fois que létincelle a lieu, il est impératif que la réactivité de lUTT soit excellente. Il faut quelle dispose des moyens et dune bonne organisation pour que lidée puisse exister. Sans cette réactivité, lidée pourrait être perdue. Il est donc nécessaire de mener une réflexion à la fois en termes dorganisation ainsi que de process. Il sera nécessaire de faire un exercice interne pour voir ce qui a été fait en matière de valorisation, et comprendre ce qui na pas fonctionné. Christine Aubrat constate que lopen-innovation constitue un lieu de rencontre de talents très divers. Linnovation peut venir de tous les personnels, pas exclusivement des chercheurs et des étudiants. Pour les partenariats, il peut être intéressant de démarcher les entreprises à plusieurs pour avoir un poids plus important. Christophe Viennot note que lorsque les idées germent et se mettent en place, il peut être compliqué de se structurer en projet pour être financé, etc. Il existe quelques pépites que lon doit être capable de détecter et auxquelles on donnera les moyens de grandir, avec la possibilité de sarrêter en cours de chemin. Les deux ingrédients majeurs pour cela sont le collaboratif et le management. Une communauté innove et co-construit dans un ensemble diffus. Un système est nécessaire afin de structurer cela et de donner les moyens de réussir.