UTT2030_CR_COPIL-Benchmark_29juin

Ither
Compte rendu COPIL Valorisation et Organisation29 juin 2015 Présents : Bureau Pierre Koch Timothée Toury Pascal Royer Jean-Louis Bijeon Antoine Grall Léonor Manent VP CA, CEVU Alexandre Vial Pilotes Peggy Touvet Laurent Daniel Benjamin Ruiz Dominique Gaïti Etudiant Maxime Dupont Biatss Christine Aubrat Anciens élèves Eric Bessemoulin Thomas Quartier Extérieur Christophe Viennot Secrétaires de séance Karine Lan Léa Samama Pierre Koch introduit la journée de réunion et explique que ce comité de pilotage sorganisera en trois temps. Dans un premier temps, les consultants dIther présenteront un benchmark. En deuxième lieu, nous nous intéresserons à la valorisation, avec des présentations des différents pilotes de groupes ainsi que dIther. Enfin, nous parlerons de lorganisation, avec à nouveau des interventions des pilotes de groupe et dIther. Des temps de débat seront accordés durant chacune de ces trois étapes. Un nouveau comité de pilotage aura lieu le 6 juillet sur la thématique de lIdentité. Lobjectif est la remise dun premier écrit durant le mois daoût, afin quil soit prêt pour la rentrée. Un comité de pilotage de relecture aura ensuite lieu début septembre, afin de valider le texte qui passera au CEVU, au CS, et au CA du 15 octobre. Plusieurs points restent à travailler : la suite du business plan, la rédaction des feuilles de route des différents membres de léquipe de direction, lappel à candidatures,…   Benchmark Les membres dIther présentent le travail quils ont effectué sur le benchmark. Ils rappellent cependant que seul un résumé sera présenté aujourdhui, et quun Powerpoint plus exhaustif a été remis aux participants du comité de pilotage. Ce benchmark a été effectué dun point de vue à la fois historique et géographique. Deux pays de référence ont été sélectionnés : lAllemagne et les Etats-Unis. Contexte historique français Tout dabord, le contexte historique français est rappelé : création des UT en 1966, création de lUTC en 1972. En 1985, la loi a été modifiée pour inclure la technologie dans lenseignement supérieur. Ainsi, il a été prévu de créer des universités de technologie ainsi que des centres polytechniques universitaires (des structures moins ambitieuses, mais avec le même cahier des charges). Suite à cette loi, les Polytechse sont développées pour atteindre 13 écoles, alors que seules deux UT lont été : lUTT et lUTBM. Après la loi Pécresse de 2010, la CDEFI a tenté de pousser le Ministère à relancer lesprit de la loi 1985, en rassemblant les écoles dingénieur, de commerce, de médecine,… Cette tentative a échoué. Si cet essai avait réussi, lUTT ne serait peut-être pas dans daussi bonnes conditions quaujourdhui. Ither note quil est important de sapproprier le passé pour bien mener le projet UTT 2030 : on peut remarquer dans lhistoire de la naissance de lUTT une marque de persévérance qui la caractérise. LUTT dans une perspective américaine Il est noté que la comparaison entre lenseignement supérieur en France et aux Etats-Unis est très difficile à mener. Daprès un rapport du Sénat, ce dernier est "aux antipodes du système français". Selon lAmerican Council of Education, 4 caractéristiques permettent de démarquer lenseignement supérieur américain : • Des milliers dentreprises académiques. Chaque institution a sa propre histoire et relève dun plan qui na été établi ni par le pays ni même par lEtat. Il y a environ 20 000 étudiants pour 4483 établissements, qui disposent de beaucoup de statuts différents. Parmi les différents types détablissement, on pourrait placer lUTT parmi les Doctorate Institution, dont le niveau est assez élevé. • Une intervention publique limitée et segmentée. Historiquement, les écoles privées ont été celles qui donnaient le ton (Harvard par exemple). Néanmoins, le public est venu assez vite pour des raisons sociales principalement (création du Community College pour les étudiants défavorisés,…). LEtat fédéral na pas de compétence en matière denseignement supérieur : ce sont les Etats fédérés. Beaucoup dagences non gouvernementales régulent le système. • Des mécanismes de marché dans tous les domaines. Les écoles américaines se disputent les meilleurs étudiants dans une concurrence acharnée. La concurrence est partout : le marché des universitaires, les ressources financières, les dons,… • Une éducation libérale. Cest certainement le point qui concerne le plus lUTT : chaque étudiant construit son propre parcours. Trois aspects du dispositif américain peuvent être intéressants pour lUTT. • La gouvernance des établissements américains est très spécialisée. Il existe des instances ultra spécialisées entre président, conseil dadministration (le board, composé de personnes extérieures publiques et privées, nommées par le gouvernement), sénat académique (composé uniquement denseignants). Le student government, léquivalent de notre CROUS, est une institution, sur laquelle les étudiants ont un droit de regard très important. • Lengineering nest pas une discipline délite dans sa masse. Il existe des institute of technology, comme Georgia Tech ou le MIT, mais le nom de ses écoles ne signifient rien sur leur contenu. • Le modèle dorganisation des cursus par choix, la liberal education, a beaucoup inspiré le créateur de lUTC. Il existe néanmoins des différences de point de vue importantes. Par exemple, la situation américaine avec des crédits a largement inspiré le système ECTS, qui nest pourtant pas utilisé de la même façon. Georgia Tech Un focus a été réalisé sur Georgia Tech, une école très éloignée de nimporte quel établissement français. En 1970, Georgia Tech nétait quun grand College of Engineering. En 2030, elle a réussi à se développer, avec la succession de seulement 5 présidents (aux Etats-Unis, les présidences durent une dizaine dannée). Georgia Tech dispose dune structure intéressante, puisquelle est composée de 6 Colleges (architecture, computing, engineering, SHS, management, sciences). La partie « engineering » représente 60% des étudiants. Le gouvernement fédéral a donné les moyens aux universités afin quelles puissent créer des laboratoires de recherche très importants, de la taille dune grosse part du CNRS. Le budget opérationnel est proche du milliard deuros. Georgia Tech dispose dune douzaine de sources de financement (armée, NASA,…). Lessentiel du budget de recherche provient des départements ministériels et des agences, et non des entreprises privées. Les TU allemandes Les TU allemandes ont été créées au cours de XIXeme siècle pour accompagner lindustrie. Fait intéressant : elles sont directement inspirées des écoles dingénieur françaises, bien antérieures à cette création. Karlsruhe est par exemple construite sur le modèle de lécole Polytechnique. Ce phénomène se retrouve dailleurs en Suisse : lécole polytechnique de Zurich a également été construite sur le modèle Polytechnique. Les choses ont beaucoup changé depuis la création des TU, puisque celles-ci ont très vite été autorisées à délivrer des doctorats (année 1900). Les TU sont donc devenues des établissements à vocation technologique qui permettaient détudier jusquau doctorat. Rapidement, les TU ont élargi leur spectre disciplinaire large, en dépassant le domaine de lingénierie, avec par exemple larchitecture, lingénierie, le management,… Le terme « technologie » a ainsi pris un sens plus large. Les TU ont été développées sous une double influence du modèle humboldtien (selon lequel la science prime) avec une forte proximité avec lindustrie. Contexte actuel Actuellement, 104 universités en Allemagne, dont 13 TU. Tous ces établissements ont été sous double tutelle du Bund et du Land. Ces deux instances avaient deux niveaux dintervention différents. Lévolution du modèle fédéral a mené vers une décentralisation totale. Les Länder soccupent de toute la partie « recherche », tandis que le Bund tente de reprendre la main pour éviter un développement anarchique au niveau des Länder. Depuis 2008, il nexiste plus de loi en matière denseignement supérieur. De nouvelles gouvernances ont vu le jour : chaque Land a inventé son propre modèle. Le Bund conserve une forme de pilotage (tentative dexcellence, création duniversités nationales,…). On note donc que la régionalisation de lenseignement supérieur a eu des effets de diversification des modes de fonctionnement, de gouvernance,… avec un Etat qui tente dêtre stratège et de reprendre la main. TU 9 9 TU se sont regroupées au sein du réseau « TU 9 », en tant que « meilleures TU dAllemagne » pour travailler ensemble et être plus influentes. Elles possèdent des sujets dintérêt actuels communs : • Assurance qualité et accréditation : une réelle énergie est mise dans ce domaineDoctorat en ingénierie, qui est un sujet qui connaît quelques résonnances en France. • Levée de fonds pour la recherche et la formationAdmission des candidats nationaux et internationauxDéveloppement structurelTransition vers le L/M. Pendant une période, tous les types de diplômes (DEA, DESS, L/M….) ont été conservés, ce qui a été un problème en Allemagne. • Coopération avec les centres de recherche externes. Ex : Karlsruhe donnait des cours en anglais pour attirer les étudiants étrangers, puis nécessité de cours en allemand pour les étudiants étrangersStandardisation des tests de langue allemande pour les candidats étrangersDéveloppement des ressources humainesAffaires internationales On note que les TU font un réel effort de coordination entre leurs activités, comme il peut être le cas pour les UT : • Coopération avec des institutions nationales, européennes ou mondialesMarketing internationalProjets « offshore » : création duniversités, exportation de programmes et de structures détudesAssurance qualité, avec en particulier un focus sur son intérêt au plan internationalBenchmarking : les TU consacrent une grande partie de leur temps à se comparer à dautres institutions dans le monde Focus sur Darmstadt Un focus a été fait sur la TU Darmstadt, qui a été créée en 1877 et autorisée à délivrer le doctorat en 1899. Elle a été la première université publique allemande à devenir autonome en matière de budget, de locaux,… en 2005. Il est particulièrement pertinent de sintéresser à leur mode de gouvernance. Luniversité est dirigée par un « Presidium », composé de 5 personnes : • Président : en charge de la stratégie, de la structure, du salaire des professeurs, du management de la qualité et des relations internationalesChancelier : en charge du budget, des ressources humaines, de la propriété, des infrastructures et des aspects légaux. • Un Full-time Vice-Président : en charge des études, des jeunes chercheurs et du centre de ressources informatique. • Vice-Président : en charge de la recherche et de la bibliothèqueVice-Président : en charge du transfert de savoir et de technologie et des activités des Alumnis. On remarque que les Alumnis font partie intégrante du portefeuille dun des vice-présidents, une place très importante leur est accordée. Il existe trois organes de gouvernance : • Le conseil dUniversité : il sagit de léquivalent de notre conseil dadministration, et est fortement inspiré par le modèle américain. Ce conseil a le pouvoir de prendre des initiatives sur des sujets fondamentaux concernant le développement de luniversité, il a également le pouvoir de surveillance. Il est composé de 10 membres extérieurs à lUniversité et rémunérés par le Land. LUniversité peut en nommer 5. • Le Sénat : il conseille le Presidium sur les différents sujets dintérêt pour lUniversité : planification des constructions, budget, recherche, formation et études. Il surveille les pratiques de management du Presidium. Il est composé de 20 membres et du président. Assistent aux séances les responsables de lUniversité : doyens, les membres du Presidium, … Il est composé exclusivement duniversitaires. • Lassemblée de luniversité : elle a également en charge les sujets fondamentaux de lUniversité : son développement, pédagogie et études, chercheurs juniors. Elle a 61 membres qui votent : 31 professeurs, 15 étudiants, 5 personnels académiques, 10 personnels techniques et administratifs. Elle ne donne pas davis et na pas de pouvoir réel. Elle crée plutôt des « issuing statements » : elle rédige des rapports sur un certain nombre de sujets et les publie. • On trouve ensuite divers conseils : égalité des genres en recherche, académique, management de la qualité, éthique, bourses, clause civile Réactions au benchmark A la fin de la présentation, Pierre Koch explique que le choix géographique du benchmark sest porté sur lAllemagne et les Etats-Unis en raison de la forte représentation de lindustrie dans ces deux pays. On peut remarquer que dans les deux cas, le management est intimement lié à la technologie. Cet élargissement vers le management doit faire partie de nos réflexions pour UTT 2030. Il note également la forte inspiration des UT sur ces modèles en termes de construction du cursus. Quelques éléments de gouvernance ont été repris, ce qui semble avoir été un bon choix au vu de lévolution des UT au fil des années. Pierre Koch revient sur le modèle de gouvernance et note une particularité française : il ny a pas de spécialisation des instances, lune serait exclusivement composée duniversitaires, lautre exclusivement de personnes extérieures. Le rôle du CA dans les universités américaines ou allemandes se retrouve dans le modèle UT : il sagit dun rôle de surveillance et de conseil. Il regroupe des personnalités qui ont des expertises différentes de celles des membres de la direction. Un autre rôle de la gouvernance est de proposer une stratégie, qui sera validée par le CA, mise en place par le DG, puis surveillée par le CA. Il est capital que nous relisions les rôles de notre CA en ce sens : la direction doit lui rendre des comptes. Nous devons impérativement répondre à la question suivante : « A qui chacun doit-il rendre des comptes ? ». Si on sait sassurer que chacun ait à répondre à un interlocuteur ou à un conseil, il y aura un meilleur partage des responsabilités et de pouvoir. Les consultants dIther sont ensuite questionnés sur les modèles denseignement supérieur suivis par plusieurs autres pays. Il est noté quen Suisse, les écoles comme lEPFL ou lécole polytechnique de Zurich ressemblent beaucoup aux TU. En Corée, on remarque une très forte influence américaine. En Chine, de nombreuses universités ont été créées et prennent peu à peu en compte la dimension technologique. La particularité en Chine est le recrutement se faisant par épreuves, pour le service de lEtat. On peut quand même remarquer également une forte influence américaine. Quant au Royaume-Uni, des universités comme Oxford et Cambridge, dominent alors quelles ne forment ni des scientifiques ni des technologues. Il reste donc plus intéressant de se concentrer principalement sur les modèles américain et allemand. Peggy Touvet sinterroge sur la pertinence de lexpression « alliance du laboratoire et de lusine », qui semble très vague. Les consultants Ither font remarquer quil sagit en fait dune description du processus historique de la rencontre entre les purs scientifiques et les purs industriels.